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NGASSAKI-NDZA

Depuis juin 2026 · En production

One Zone

La place de marché nationale du Congo

5
langues serviesfrançais, anglais, chinois, lingala, kituba
0 %
de commission sur les ventes
4
modules métierréservations, transport, billetterie, demandes urgentes
3
rôles par organisationfondateur, associé, employé

One Zone en images

  • Le catalogue. Recherche, catégories, villes, offres et demandes, et la barre de navigation sous le pouce.
  • Publier une annonce : offre ou demande, type de produit, prix, médias. Tout tient sur un écran, sans champ inutile.
  • La messagerie intégrée, avec texte, vocal et accusé de lecture. Plus besoin de sortir sur WhatsApp pour conclure une vente.
  • Le badge de confiance : il se gagne par les ventes vérifiées et les avis, il ne s'achète pas, et il se perd si l'on relâche.
  • Les cinq langues, dans les paramètres. Français, lingala, kituba, anglais et chinois, au même niveau.
  • Les organisations : plusieurs personnes portent une même boutique, chacune avec son compte et ses droits, sans mot de passe partagé.
  • Le portefeuille et la vérification de transaction par QR. La structure est posée, elle attend l'enregistrement administratif de la société.
  • One View : un format court qui disparaît après vingt-quatre heures, mais relié aux annonces et à la messagerie.

Le problème

Au Congo, vendre en ligne veut dire poster sur son statut WhatsApp et espérer que ses contacts regardent. Ou publier dans un groupe Facebook saturé, où l’annonce est enterrée le jour même.

Le commerce est bien là, vivant et créatif. Ce qui manque, c’est l’outil. Un statut disparaît en vingt-quatre heures, et tout est à refaire. Un vendeur ne touche que les gens qu’il connaît déjà. Rien ne distingue un vendeur sérieux d’un inconnu, donc l’acheteur hésite. Et du côté des hôtels ou des agences de voyage, tout se gère encore par appels et cahier, ce qui produit exactement ce qu’on imagine : des doubles réservations.

Ce n’est pas un problème de talent, c’est un problème d’outil.

Ce que j’ai construit

One Zone est une place de marché nationale. Une application web qui s’installe sur le téléphone comme une application classique, mais qui ne pèse presque rien et continue de s’afficher quand la connexion faiblit.

On y publie une annonce en trois gestes. On y trouve ce qui se vend près de chez soi. On y réserve une chambre, une salle, une place de bus. On y discute directement avec le vendeur, sans sortir de l’application.

Au delà de la petite annonce, quatre modules transforment l’outil en instrument de travail :

  • Réservations à la nuit, à l’heure, à la semaine ou au mois, avec un calendrier des disponibilités et une garantie contre la double réservation posée au niveau de la base de données, pas dans le code applicatif.
  • Transport et billetterie de voyage : une agence publie ses départs, vend ses places et valide l’embarquement en scannant un QR. Les lignes régulières se répètent d’elles mêmes, et un départ peut être annulé sans toucher au reste.
  • Billetterie d’événements avec catégories, quotas et QR à usage unique contrôlé à l’entrée.
  • Demandes urgentes, diffusées en priorité aux personnes proches. Cette fonction est née d’une histoire vraie.

S’y ajoutent les organisations : un hôtel ou un commerce se tient rarement seul. Plusieurs personnes portent un même compte boutique en gardant chacune le sien, avec trois rôles distincts et aucun mot de passe partagé. Le partage des revenus est visible par toute l’équipe, et la première personne qui ouvre une conversation client la prend en charge, pour que personne ne réponde deux fois.

Les choix techniques, et pourquoi

Une application web installable plutôt qu’une application native

C’est le choix structurant, et il vient du terrain.

Une application du store demande un téléchargement de plusieurs dizaines de mégaoctets, de la place sur un téléphone qui en manque, et un forfait data pour chaque mise à jour. Une application web installable ne demande rien de tout ça : elle s’ajoute à l’écran d’accueil depuis le navigateur, elle se met à jour sans que l’utilisateur ait à agir, et elle continue de s’ouvrir hors réseau grâce à une copie locale de la dernière visite.

Le compromis existe et je l’assume : je perds l’accès à certaines interfaces natives, et la présence sur les stores. En échange, je supprime la barrière qui aurait bloqué la moitié de mes utilisateurs au premier écran.

Supabase, pour tenir une infrastructure à une seule paire de mains

Le produit a besoin d’une base relationnelle, d’authentification, de stockage de fichiers et de temps réel. Assembler et opérer ces quatre briques séparément aurait consommé le temps que je devais mettre dans le produit.

Supabase les réunit autour d’un PostgreSQL standard, ce qui compte pour deux raisons. D’abord la sécurité : l’isolation des données entre utilisateurs et entre organisations est déclarée dans la base, au plus près de la donnée, et non laissée à la vigilance du code client. Ensuite la réversibilité : c’est du PostgreSQL, donc rien n’est verrouillé le jour où il faudra partir.

Le stockage des médias sur Cloudflare R2

Une place de marché, c’est des photos et des vidéos. Chez la plupart des hébergeurs, ce n’est pas le stockage qui coûte, c’est la sortie de données. R2 ne facture pas cette sortie, ce qui rend le modèle tenable avant même le premier franc de revenu. Les photos sont par ailleurs allégées avant l’envoi, pour que publier une annonce ne coûte pas un forfait au vendeur.

Cinq langues, dont deux langues nationales

Français, anglais, chinois, lingala et kituba. Le lingala et le kituba ne sont pas une case à cocher : ce sont les langues dans lesquelles une bonne partie du commerce se fait réellement, et les traduire correctement demande de connaître les mots du marché, pas ceux du dictionnaire.

Où ça en est

Le produit est en ligne depuis juin 2026, il fonctionne, et il évolue chaque semaine.

La partie économique, elle, est construite mais suspendue à une formalité administrative : aucun opérateur de paiement mobile n’ouvre de compte marchand sans enregistrement RCCM. Le portefeuille, les transactions vérifiées par QR et l’historique sont en place et attendent ce feu vert. Publier restera gratuit dans tous les cas.

Sur le marché visé : environ 5,9 millions d’habitants, dont près de 70 % ont moins de trente ans. Ces ordres de grandeur viennent de sources publiques (Banque mondiale, DataReportal) et servent à situer le contexte, pas à fonder une projection.

Ce que ce projet m’a appris

Construire pour son propre pays impose des contraintes qu’aucun tutoriel ne mentionne. Le poids d’une page n’est pas une note sur un tableau de bord, c’est de l’argent que le visiteur dépense. Une fonctionnalité qui suppose une connexion stable est une fonctionnalité qui ne marche pas. Et un badge de confiance qui s’achète ne vaut rien, alors qu’un badge qui se gagne par les avis et les ventes vérifiées change le comportement des deux côtés de la transaction.

C’est aussi le projet qui m’a fait passer du développeur qui exécute une spécification à celui qui doit décider, arbitrer et vivre avec ses arbitrages.

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